Est Républicain - janvier 2004

Arrivée en force de ce Lyonnais, aperçu et apprécié en première partie de Kyo.

- Vous avez un parcours original.

- J'ai fait du piano classique dès l'âge de six ans. Je me suis tourné ensuite vers son utilisation jazz. Ont suivi la batterie, la guitare. Il y a eu également le chant. Récemment, j'ai fait le conservatoire lyrique de Lyon. Je n'aimais pas particulièrement mais j'ai été bouleversé par le film « Farinelli », cette voix. Un vrai déclic pour moi. Grandi dans dans la culture rock, j'ai découvert un certain lyrisme. On le retrouve dans les arrangements de la voix. Il s'en dégage une émotion et beaucoup de force. Dans cette pratique du chant, on apprend comment respirer, comment tenir son corps pour mieux faire sortir les sons.

- Votre registre est assez sombre !

- Je suis mélancolique. Rien de glauque même si les textes sont parfois un peu noirs. La musique est suffisamment lumineuse pour rattraper cette ambiance. Mon écriture est spontanée. Je retranscris des émotions. Je ne suis pas politisé et n'ai aucune envie de faire passer des messages. On peut parler de constats neutres, de choses observées et vécues. Il suffit de regarder autour de nous, ce n'est pas vraiment gai.

- « La chute des anges » est votre premier enregistrement ?

- J'avais déjà fait un autoproduit dans un petit studio lyonnais. J'ai réalisé de nouvelles maquettes et Columbia m'a signé. Le travail était très avancé. On a carrément pris les bandes pour retoucher certains éléments au studio ICP de Bruxelles. J'avais travaillé avec des musiciens lyonnais et je les ai faits venir pour des parties de guitares, de batterie. Je ne suis pas un homme orchestre.

- Vous venez d'assurer la première partie de Kyo.

- J'ai partagé quatorze dates avec eux. Je ne savais pas vraiment comment leur public allait accepter ce que je fais. Tout s'est très, très bien passé. Je n'en suis qu'à mon premier album. Il y a eu également Calvin Russel, Daran, les Cranberries et ce n'était pas toujours confortable.

- Vos racines musicales !

- J'ai écouté énormément de rock anglais et américain. Ma soeur vit en Grande Bretagne.

- Vous partagez le chant de « Seuls » avec Manu de Dolly.

- J'avais envie de ce duo. Je l'ai contactée. Je lui ai envoyé cinq titres qui pouvaient potentiellement se chanter à deux. Elle a choisi celui-là. La semaine suivante on l'enregistrait. Elle a aimé le texte. J'ai envie également d'être reconnu pour mes paroles. Tout le monde s'y est retrouvé.

- Quels artistes français appréciez vous ?

- Je respecte des parcours comme ceux de Stephan Eicher, Bashung, M, Souchon. J'aime mais je ne suis pas fan de quelqu'un en particulier. Bowie et Peter Gabriel, par exemple, sont pour moi des références. En France, M avance en faisant des choix artistiques très personnels. Dans un domaine plus rock, la voie est plus étroite en France.

- Vos projets !

- D'autres premières parties sont plus ou moins prévues. Je dois faire une tournée acoustique des FNAC. J'aimerais écrire des musiques de films. J'écris souvent en sortant de voir un film.

Jean-Paul GERMONVILLE

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