Stars Ambition
décembre 2003

Nouveau talent - Gabriel Evan - Tête à tête avec un ange

Gabriel Evan...Un nom et un son qui résonne encore aux oreilles des fans de Kyo, qui ne s'attendaient pas alors à être si agréablement surpris par la première partie de leur groupe préféré. L'artiste en effet, avec son univers entre ciel et terre, charme, émeut, ébloui, et ce n'est pas notre reporter qui viendra dire le contraire! Portrait d'un authentique créateur qui prouve une fois n'est pas coutume que major du disque ne rime pas forcément avec produit périssable...
Gabriel Evan a t-il débarqué un beau jour sur Terre et accessoirement dans les bacs, ou est-ce que cela s'est fait progressivement ?
Cela c'est fait très progressivement. Plus jeune, je me sentais différent. Je n'étais pas solitaire, j'avais même pas mal d'amis et des parents qui m'ont toujours soutenu, mais je ne sais pas, j'avais comme l'impression d'être le spectateur de ma propre vie. Je sentais que j'avais un but, mais je ne savais pas encore lequel alors je n'arrivais pas à me sentir heureux, épanoui. Depuis tout petit, je suis attiré par la musique et j'ai alors touchéun peu à tout histoire de trouver ma véritable voie. Dès l'âge de 6 ans par exemple, j'ai commencé à prendre des cours de piano, puis est venue la batterie, la guitare, et enfin le chant lyrique qui a été pour moi une véritable révélation, quelque chose qui m'a permis de vraiment me réaliser. En fait j'ai toujours eu des mélodies qui me trottaient dans la tête mais pouvoir les chanter, mettre des mots sur cette émotion que j'essayais de véhiculer à travers la musique, ça a vraiment été le déclic. J'ai alors auto-produit mon premier album, il ya 5 ans et signé avec un petit label.
Mais ce n'était alors que le début du chemin de croix....
En effet. A part quelques rencontres dans les médias et un surcroît de confiance en moi, signer avec ce label ne m'a rien apporté de plus que je n'aurais pu décrocher moi-même. Au contraire, j'ai même plutôt vécu une traversée du désert, pendant 1 an et demi où toutes les portes se fermaint devant moi. En même temps, il faut dire que cet album était peut être prématuré, je ne m'étais pas encore vraiment trouvé artistiquement, on y sentait trop d'influences extérieures (Jef Buckley par exemple -NDLR). Mais j'ai décidé de ne pas en rester là. Je me suis accroché et ai continué à démarcher par moi-même, scène après scène et ça a fini par payer. J'ai ainsi participé aux Francofolies et le programmateur a tout de suite cru en moi.
C'est même lui qui a été ton guide artistique en quelque sorte...
Oui. Pour lui et d'autres d'ailleurs, j'avais en moi un côté angélique, soutenu par ma voix lyrique et il m'a poussé à explorer cet aspect. C'est là que je suis devenu Gabriel Evan (un prénom doux en hommage à Peter gabriel -NDLR). J'ai alors enregistré des maquettes de qualité sur Lyon que j'ai masterisé à Paris. Là le responsable du studio a vraiment flashé sur ce que je faisais et il m'a aidé à présenter mon CD à Columbia qui ont tout de suite accroché.
Génial! Et penses-tu aujourd'hui que ces deux anges gardiens t'on poussé dans la bonne direction ?
Complètement. J'ai eu une chance folle avec Columbia dans la mesure où ils n'ont jamais esssayé de me formater, de me faire rentrer dans un concept marketing pré-établi. Ils m'ont pris comme j'étais, ils m'ont fait confiance, et ça c'est super rare de nos jours. Ils m'ont aussi donné du temps pour réaliser un album qui me correspondait vraiment, avec un réalisteur extra. J'ai même pu participer à l'écriture du clip, au montage, au visuel de la pochette du CD..
Tu parles du clip de Seuls, ton premier single en duo avec Manu, la chanteuse de Dolly. Comment est-ce que votre rencontre a eu lieu ?
Je trouvais intéressant de faire un duo sur une chanson comme Seuls paradoxalement, car c'est justement lorsque l'on est en groupe que l'on est le plus seul finalement. Même si à la fois, c'est ensemble qu'on peut faire évoluer les choses. Pour ce duo je voulais une chanteuse et j'aimais beaucoup Manu. Je lui ai envoyé le single ainsi que d'autres titres pour qu'elle situe mon univers Elle a vraiment accroché et m'a dit s'être reconnue dans l'écriture des textes. On s'est super bien entendus, et le mariage de nos deux grains de voix a vraiment été une bonne surprise.
Décidément, tu cumules les rencontres clés! est-ce la même bonne étoile qui t'a placé sur la route de Kyo?
En fait, ils connaissaient mon premier album et étaient même déjà venus me voir au MCM Café. Et puis, comme on a le même tourneur, ça a facilité les choses! Il ya une continuité musicale entre nos deux sons, et ce sont des artistes et des personnes que j'apprécie énormément. Alors quand on m'a annoncé qu'ils étaient intéressés pour que je fasse leur première partie, j'étais ravi. J'ai une sensibilité plus rock que la leur mais sur scène ils dévoilent eux ausi une facette plus rock que sur l'album, alors le public adhère assez naturellement à mes titres.
"Un style où l'harmonie suprême régnerait avec la volonté de réinventer une rage lyrique". Bon, ça c'est la pitch mais comment avc tes propres mots décrirais-tu ton style justement?
C'est clair que je fais du rock, il y a des murs de guitare, des couleurs empruntées à un Radiohead, un Muse, ou un Placebo. mais j'ai aussi une voix lyrique à travers laquelle je fais passer une certaine douveur, ine mélancolie. Je dirais donc que je fais du rock mélancolique mais attention cela n'exclut pas une touche d'espoir, de lumière. Au contairre!
Ton album est construit de façon vraiment particulière: interludes mystiques, choeurs aériens, quel est le concept derrière cette Chute des anges
?
Ah là je suis désolé mais pour en savoir plus il va falloir attendre la sortie de l'explication de textes courant 2004! (rires). En fait, parallèlement à la création de cet album, j'ai rédigé un roman (dans la lignée de ceux de Bernard Werber pour les initié -NDLR) qui mêle fixion et réflexions métaphysiques. Tu sais, je suis pas du genre à dire "voila ce que j'ai voulu faire passer , ce qu'il y a à comprendre" car ce que j'écris , le constat que je dresse de la société, n'importe qui peut le faire ne serait-ce qu'en regardant la télévision pendant une journée. Je souhaite donc que les gens écoutent l'album, l'interprètent selon leur propre sensibilité et préoccupations. Je ne suis pas un rebelle, et je ne prétends pas non plus apporter de solutions toutes faîtes. Ma démarche s'inscrit plus dans "Regardons où on en est et voyons ce qu'on peut faire". J'essaye simplement d'amener un éclairage, une émotion, et une touche d'espoir.
J'ai l'impression d'interviewer un réalisateur de films...
Exactement. Le cinéma est une grande source d'inspiration pour moi, et la plupart de mes chansons ont été inspirées par des longs métrages comme La cité des anges, Roméo+Juliette ( à ne pas confondre avec la comédie musicale! (rires)), ou Bienvenue à Gattaca. La musique de ces films, l'esthétisme des images, tout ceci dégage beaucoup d'émotion, une émotion que j'essaye ensuite de retranscrire sur papier de façon ultra-spontanée. Mon album est d'ailleurs construit comme un film où on passe d'une scène à une autre autour d'une thématique principale: le rapport entre les êtres humains et les anges. J'y ai vraiment mis tout ce que j'étais, j'ai fait passer l'émotion que je voulais. A vous de comprendre ce que vous voulez comprendre maintenant...

Certains ont peur que le ciel leur tombe sur la tête, mais lorsque tombe du ciel en question un tel ange, on ne peut que se montrer reconnaissant, que l'on soit ou non fan du genre. A l'instar de l'exercice auquel se livre sans doute de là-haut ses homologues ailés, Gabriel Evan dresse de sa voix évanescente le constat de l'humanité, un constat résolument sombre mais dans lequel perce néanmoins un irrésistible espoir de faire un jour évoluer les choses. Société de consommation, environnement, politique, rapport entre les hommes, tout y passe sans néanmoins jamais chuter dans le jugement gratuit.

L'artiste, en effet, ne se revendique pas rebelle, et préfère utiliser l'énergie du rock pour mieux mettre en avant la détresse et la vulnérabilité dans lequel le plonge l'état de notre monde. Une émotion à fleur de peau où la voix vient parfois se briser attristée par sa propre impuissance, mais d'où finit néanmoins par jaillir la lumière, soutenue en cela par un lyrisme et un sens mélodique execerbés. Choeurs imposants, interludes aux noms d'anges déchus, harmonies ciselées, Gabriel Evan vous transporte avec grâce et énergie, au long des 14 plages que comporte cet opus, dans son paradis originel. Majesté du son donc, majesté des paroles, le 7 ème ciel n'a jamais semblé tant à portée de votre platine...

EN BREF
- Le garçon est modeste mais son beau grain lyrique ne lui est pas venu d'un coup comme des ailes sur le dos. C'est au prestigieux Conservatoire que l'artiste a ciselé vocalise après vocalise sa véritable voix(e).
- Avant de faire la première partie de Kyo, Gabriel avait déjà ouvert le bal lors d'un concert des Cranberries. Pas mal pour un début!
- Le mystérieux Génération interdite, accessoi
rement favori de l'artiste sera sans doute le prochain single.

 

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