Le Progrès de Lyon
7 novembre 2003

L'ange Gabriel

Une nouvelle vie pour Gabriel Evan. Il a laissé ses habits de "Sin-é", et s'est affranchi de cette pesante référence à Jeff Buckley. Musicalement, Gabriel Evan a choisi de se concentrer sur une pop rock tonique, toute en mélodie et en energie. L'ensemble a convaincu le staff de Sony Music, et le lyonnais a pu enregistrer un album dans les meilleures conditions, entre Tarare et Bruxelles. Il présente ces nouvelles chansons en tournant avec les Parisiens de Kyo.
Tourner avec Kyo, c'est une opportunité ,
Bien sûr. Musicalement ils sont un peu plus pop que moi, qui serait plutôt rock. Mais là on parle en terme d'album, parceque sur scène, Kyo est bien plus heavy. On a fait un festival ensemble cet été en Belgique, et nos musiques n'étaient pas si éloignées que ça. Je pense que le public va s'y retrouver.
On vous a souvent vu sur scène en première partie, ce n'est pas un exercice dont vous êtes lassé ?
Non pas du tout. Je suis assez formé à ça, maintenant. Jouer devant un public qui n'est pas spécialement venu pour toi, c'est très formateur, il faut convaincre. J'ai la chance de faire 15 grandes salles, de pouvoir présenter mes chansons. C'est une sacrée opportunité, je ne peux pas être lassé de ça. Je commence après tout...
Mais vous aviez déjà fait un album sous le nom de Sin-é
...
Oui, je l'appelle mon album zéro. Pour moi, "La chute des anges" est vraiment mon premier disque. J'ai l'impression de commencer maintenant. C'est aussi pour ça que j'ai changé de patronyme, même si c'est surtout que la référence était un peu trop lourde. Quasiment suicidaire...
Vous l'avez enregistré avec l'Orchestre à cordes de l'Opéra de Lyon. Quelle idée ?
J'ai travaillé avec Pierre Adenot, qui est arrangeur de cordes hors pair. C'est lui qui a arrangé l'ouverture de "Déjeuner en paix" de Stéphane Eicher. Et il a flashé sur un titre que je lui avais fait passer. Comme il vit à Lyon, et moi aussi, on a travaillé sur le morceau "Regrets", avec des musiciens de l'orchestre de l'opéra, qu'il connaît bien.
C'est très régional : vous avez aussi travaillé à l'Hacienda de Tarare...
Oui, on a commencé à Tarare, avec Stéphane Piot. On y a fait de très bonnes maquettes. A tel point que les gens de Columbia ont voulu conserver une grande partie de ce travail. Et on est allé à ICP pour travailler les voix, que j'avais enregistrées un peu vite, faute de moyens. Au départ c'était un projet auto-produit, puis j'ai eu la chance d'être soutenu par une major.
Comment s'est faite la rencontre avec Manu, de Dolly, pour le duo "Seuls" ?
E n fait, je voulais un duo sur mon album, avec une voix féminine, issue de la scène rock. Et il n'y en a pas cent mille...J'aime beaucoup Dolly, donc j'ai envoyé cinq titres à sa chanteuse et elle a choisi ce titre. C'était une rencontre formidable, j'ai adoré.
PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY MEISSIREL

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