Gabriel Evan n'a pas trente ans et il est déjà un survivant.
Mais pourquoi donc tant de vie en un seul homme ? Parce qu'il est jeune et a décidé de faire briller son insolence et son inspiration en cherchant à capturer l'énergie du rock. Vaste utopie en cette conjoncture peu favorable, aidée par les faiseurs d'opinion qui avaient décrété depuis quelques années que le rock n'était plus de saison.

Il fallait alors se résoudre à prendre le maquis pour résister, ce que fit avec une constance assez émouvante Gabriel Evan, lui qui semblait tout de même avoir peur d'avancer démasqué.

 
D'emblée il s'agissait pour lui de jouer avec un nom emprunté à la légende moderne de ces héros blessés de la rock'n'roll attitude. Va pour Sin-é aux parfums mythiques d'une arène crépusculaire qui regardait ébahie les débuts spectaculaires d'un fils de son père qui fit de "Grace" un album résumant à lui tout seul l'irrésistible besoin du rock de reprendre le dessus.

Mais on a beau avoir aussi une gueule d'ange et une voix qui tutoie les vibrations de l'apesanteur, il faut être et exister par soi-même.

Il faudra du temps, et accepter de se soumettre aux lois de la sueur pour que Gabriel Evan se réconcilie avec lui-même.
   
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